Le monde de la cuisine    

     
 
Le goût des mots et celui des mets


Les chansons de geste ou les romans de chevalerie du XIIe siècle se contentaient d'évoquer vaguement les repas merveilleux offerts à leurs héros. Pour les auteurs de La Chanson de Roland ou des romans arthuriens, l'aliment était davantage vu comme un signe que comme une réalité concrète. Le goût pour la description des nourritures est au contraire manifeste dans la littérature de la fin du Moyen Âge. Tout paraît alors bon pour énumérer de longues listes de mets et en détailler la préparation et la saveur. La parodie est souvent au rendez-vous, avec le martyre culinaire de saint Hareng ou de saint Oignon, ce dernier étant successivement "rôti sur le gril à la taverne", brûlé tout vif ou "... mis à la fumée, / … Et puis mangé au cresson, / En vinaigre et à la moutarde. / Mis avec des oignons / En pot en petits morceaux, / Mis en pâté (...)", enfin "mangé en carême avec des pois". Quant aux condamnations moralisatrices des banquets, elles sont le prétexte à décrire complaisamment des plats savoureux, dont, bien évidemment, on ne peut se garder qu'en les connaissant très bien.

 
     

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