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Les
poubelles de l'histoire
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Dans les dernières décennies,
les données fournies par les prospections
archéologiques ont totalement renouvelé
nos connaissances sur l'alimentation médiévale.
Les milliers de pots découverts dans
les foyers et les dépotoirs confirment
que la cuisine du plus grand nombre consiste
à faire bouillir ou mijoter. Grâce
aux graines carbonisées dans les silos,
on peut suivre le parcours de plantes qui
disparaissent presque (l'épeautre)
ou au contraire s'imposent (le seigle), voire
font une timide apparition (le sarrasin dans
l'Ouest). Ces études, dites carpologiques,
aident aussi à repérer les isolats
consacrés à telle ou telle culture
: le cas du millet, fort répandu dans
le sud-ouest de la France, est l'un des plus
connus. Les ossements animaux, enfin, ont
offert d'étonnantes découvertes.
L'identification des restes a pu établir
que c'est le bœuf qui a largement dominé
la consommation carnée, y compris paysanne,
durant tout le Moyen Âge, remettant
en cause les vieux clichés sur le porc
"familial". Les traces de découpe,
de décharnage et de combustion figurant
sur les os permettent d'autre part de reconstituer
la préparation des animaux, depuis
la boucherie jusqu'à la cuisine. Les
sites de la vallée de la Loire montrent,
par exemple, que l'on est passé, à
la fin du Moyen Âge, d'une utilisation
de type charcuterie, où la viande entièrement
désossée est fumée ou
salée pour constituer des réserves,
à une cuisine plus immédiate
et sans doute plus raffinée qui se
pratique à partir de petits morceaux
de porc frais dans lesquels on a gardé
l'os.
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