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La
grande cuisine des malades
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Dès le XIIe siècle, un médecin
de la célèbre école de
Salerne, Petrus Musandinus, consacre un traité
à l'alimentation des malades atteints
de fièvres aiguës. Il y expose
de véritables recettes culinaires,
dans lesquelles le souci du détail
le dispute à celui de satisfaire le
goût. Un plat d'amandes sucrées
est ainsi comparé aux mets que les
maîtres-queux confectionnent alors dans
les cuisines de l'aristocratie. Sachant qu'il
faut composer avec le goût des patients,
Musandinus propose une variante du lait d'amandes
de couleur parfaitement blanche, car "cela
plaît davantage aux malades", écrit-il.
Toute une section de son Opuscule sur l'alimentation
des malades est même dévolue
à des plats de viande, pourtant formellement
interdits aux fiévreux. Enfin il admet
que le patient puisse vouloir goûter
la pâte d'une tourte dont seul l'intérieur
est utile dans le traitement ! |
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